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Chapitre 7-2 – Alice
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Chapitre 7-2 – Alice

Pendant qu’Elilim et ses compagnons cherchaient le sac du Néant, de son côté Abigor le roi-démon gagnait de plus en plus en pouvoir. Encore un mois et il aurait retrouvé sa pleine puissance. De plus il reconquit la majorité du territoire accaparé par ses rivaux démoniaques. En outre le nombre de ses adeptes s’accroissaient de jour en jour, le roi-démon attirait à lui un nombre croissant de démonistes.

Cela lui plaisait, la foi constituait une source de force magique importante. La prière ne profitait pas seulement aux dieux, elle nourrissait aussi les démons. D’ailleurs même si Abigor appréciait énormément la destruction et la mort, il aimait aussi les flatteries et les louanges. Il pensait transporter quelques-uns de ses adorateurs les plus méritants du monde de Gerboisia dans son palais principal, afin de leur confier des postes.

Malgré les nombreuses bonnes nouvelles, une contrariété assaillait le roi-démon, son bras droit Uphir perdit contre un hobbit. Donc Abigor se sentait profondément humilié. Il craignait que la nouvelle de la débâcle d’Uphir ne cause des envies de rébellion chez certains sujets, et des désirs de complots de la part de rivaux démoniaques. Le monde des démons pouvait se comparer à un nid de vipères.

Pour rester longtemps au sommet il fallait se montrer prêt aux pires coups bas et vilénies, être d’une prudence qui frisait la paranoïa, et surtout ne jamais montrer de faiblesses. Or le bras droit du roi-démon en subissant un cuisant échec, mettait en péril Abigor, obligeait son maître à réviser sérieusement ses stratagèmes. Ainsi le souverain devait laisser de côté ses plans de conquête pour se concentrer sur la défense. Par conséquent le roi-démon s’il ne se montrait pas très retors et rusé risquait de perdre en influence et prestige. Ce qui mettait dans une profonde détresse Abigor, pour lui avoir le maximum de notoriété positive parmi ses semblables était un but très important.

Le roi-démon reçut Uphir dans une pièce remplie de centaines d’oreillers, dont certains assez larges pour accueillir un éléphant voulant dormir.

Abigor (déçu) : Uphir je ne suis pas content de toi, tu as été vaincu par un simple hobbit !

Uphir : Je comprends votre courroux votre majesté, et je suis prêt à subir toute punition que vous jugerez appropriée.

Abigor : Comme je suis de bonne humeur, je t’accorde une nouvelle chance, ne la gâche pas. Trouve le sac du Néant et détruis le ou rapporte le moi. Te sens-tu capable d’affronter Elilim et ses alliés ?

Uphir : Je ne suis pas totalement remis de mes blessures, donc en cas d’altercation contre Elilim et Mignon, je risque de souffrir, toutefois je peux l’emporter.

Abigor : Dans ce cas-là je te charge de les mettre à mort.

Uphir : J’ai une question votre majesté, vous avez détruit la ville de Lornar récemment, alors que la plupart de ses habitants vous vénéraient. Pourquoi avoir pris cette mesure ?

Abigor : Un de mes suivants a mis deux secondes à se prosterner. C’était un signe que la rébellion couvait à Lornar.

Uphir : Quelquefois il y a des gens qui réagissent plus lentement que les autres.

Abigor : Ce n’est pas faux, la prochaine fois je tiendrais compte de ce paramètre avant de détruire une ville.

Uphir : Bon je vais y aller maintenant votre majesté. Je jure sur les treize piliers démoniaques de vous contenter.

Abigor (implorant) : Attends avant de partir chercher le sac, j’ai une autre mission à te confier, il faut me trouver un nouvel oreiller extra-super-ultra moelleux. Ah oui et à l’avenir évite d’user de chiffres ou de nombres cela m’insupporte.

Uphir : Bien votre majesté.

Pénétrer dans le monde d’Alice ne serait pas forcément une partie de plaisir pour Uphir. Ce dernier même en se dépêchant pourrait mettre plusieurs jours à arriver à destination. Il y avait des sorts redoutables gênant le voyage vers ce lieu. La reine favorisait l’isolationnisme de son royaume. Gron et ses compagnons voyagèrent sans problème vers le monde d’Alice, uniquement parce que la reine désirait leur présence.

Elilim l’archimage elfe découvrait avec horreur la transformation du Pays des Merveilles. Lors de sa dernière visite il y avait deux cents ans le Pays s’avérait un endroit magnifique, où régnaient un climat clément, une nature luxuriante, et une forte joie de vivre. L’archimage voyait partout où il posait le regard un temps dément, un environnement ravagé, et une paranoïa ambiante. Quand il pleuvait, souvent le sang remplaçait l’eau. Les belles forêts rasées laissèrent place à des plaines désolées. La haine et le ressentiment semblaient dominer dans les villages.

L’elfe ne comprenait pas comment une souveraine douce et clairvoyante comme Alice devint un monstre de vice. Elilim découvrit des spectacles qui l’indignèrent au plus haut point. La forêt des pendus, un des derniers bois de chênes du Pays, conservait son intégrité, uniquement parce que la monarque aimait le spectacle qu’offrait les milliers de pendus qui se balançaient sur les branches des arbres. Quand l’archimage apprit l’existence du lac de sang, il pensait que son interlocuteur se moquait de lui.

Pourtant l’elfe dût admettre que le renseignement sur l’étendue de sang s’avérait exact. La reine ordonna pour se divertir, que les criminels en prison soient vidés de leur sang, et que l’on fasse une mare avec le liquide rouge. Puis elle voulut un étang, elle décréta que dix mille sujets devaient tous les mois subir une ponction de sang. Enfin elle désira un lac, alors elle fit mettre à mort des millions de citoyens pour obtenir satisfaction.

Alice avait d’autres projets complètement fous en réserve, notamment la montagne de cadavres, elle voulait réussir à faire un tas de corps morts qui mesurerait plus de mille mètres de haut. Pour compliquer les choses la reine transforma dangereusement la faune et la flore du Pays des Merveilles, avec des expériences de magie noire. Ainsi les lapins qui s’avéraient des animaux normalement inoffensifs, devinrent les bêtes les plus dangereuses du Pays.

Elilim marchaient actuellement avec ses compagnons au milieu d’un désert de cendres, une terre rouge devint grise à force de brûler à tort et à travers la flore des alentours. Et la pluie n’arrangeait pas les choses, les gouttes noires se révélaient un liquide corrosif. Pour ne pas être embêter l’archimage invoqua pour lui et ses camarades un sort anti- pluie qui empêchait d’être mouillé. Pour oublier un peu l’ambiance pesante, Elilim questionna Mignon sur son passé.

Elilim : J’ai une question à vous poser Mignon, comment êtes-vous devenu un berserker ?

Mignon : Grâce à une bénédiction divine, je me maudissais pour mon manque de force. Puis le dieu Proélium a entendu mes prières, et m’a accordé un peu de sa puissance.

Gron : À ce qui paraît les berserkers aiment se tatouer, chanter comme des tarés, et se livrer à des orgies sexuelles, est-ce la vérité ?

Mignon (contient sa colère) : C’est tout à fait faux, on peut trouver des personnes réservées, et même timides chez les berserkers.

Cette fois Elilim était plutôt convaincu de la bonne foi de Mignon, il avait fourni assez de preuves de bonne volonté pour mériter une confiance véritable. Seule une personne vertueuse et clémente n’aurait pas eu recours à la violence physique ou à l’insulte verbale, vis-à-vis de la dernière question de Gron. Pourtant Mignon se contenta d’une réponse polie au dernier délire du gobelin. C’était une bonne intention de droiture.

Gron : Je sens une odeur étrange, on dirait que des orques ne sont pas loin d’ici. Et j’entends quelqu’un implorer qu’on l’aide.

Elilim : Qu’est-ce qu’on fait, on ignore le malheureux ou on lui vient à son secours ? Les orques peuvent avoir une puissante magie.

Mignon : Je suis d’avis de le sauver, on obtiendra peut-être des renseignements utiles pour éviter de nouveaux dangers. Mais il nous faut un plan bien rodé.

Gron (fier) : J’ai une idée, on n’a qu’à creuser un gros trou de cent mètres de profondeur, le recouvrir de branches, et attirer les orques dans le piège.

Elilim : Le temps que vous ayez fini de creuser, la victime à secourir deviendra un squelette. De plus il faudra une échelle sacrément grande pour sortir d’un trou de cent mètres de profondeur.

Gron : Tout ira bien j’ai un moyen terrible pour creuser. Une petite cuillère multifonctions avec un côté qui sert pour manger, et un autre qui fait pelle et peut enlever jusqu’à deux grammes de terre.

Elilim : J’en ai marre de vos arguments débiles, on attaque sans tarder !

Gron (à les genoux qui tremblent, et une voix remplie de peur) : Je vous attends, ce n’est pas que j’ai peur, mais je meurs d’envie d’user de ma cuillère multifonctions.

Mignon avait envie de cracher sur Gron, toutefois il savait que sa quête était importante, et que des dissensions dans le groupe seraient nuisibles à l’avenir. Alors il laissa son mépris de côté, et choisit de se concentrer sur le sauvetage. Elilim était assez tenté de baffer le gobelin, cependant perdre du temps signifierait mettre en danger un innocent potentiel. Donc lui aussi maîtrisa sa pulsion, pour se focaliser sur l’essentiel. Même si le spectacle de Gron qui creusait le sol avec une cuillère, c’était une incitation tentante à le gifler.

Elilim bombarda de sorts puissants les orques, l’avantage de la surprise lui permit d’en tuer des centaines. Il matérialisa des piliers de flammes carbonisant les êtres à peau grise rappelant des humains, mais en beaucoup plus musclés. Pendant un temps les adversaires ne surent pas où tourner leur fureur, et leurs grosses épées épaisses de plus de deux mètres de haut. Mais les effectifs ennemis s’avéraient beaucoup plus considérables que prévu.

Certes les adversaires étaient mal protégés, vu que la plupart se promenaient nus, ou seulement vêtus d’un pagne. Cependant Elilim voyait quand même des milliers d’orques affluer vers lui, de plus des sorciers puissants les accompagnaient. L’archimage engloutissait un nombre considérable de vies, mais les sorciers gagnaient petit à petit du terrain. Ils se protégeaient derrière des boucliers de lumière verte, tandis qu’ils envoyaient leurs guerriers affaiblir l’elfe en servant de chair à canon pour ses sorts enflammés.

Pourtant l’elfe faisait des ravages terribles avec son feu magique, mais les sorciers n’en avaient cure. Si leur vie était importante, les mages orques se contrefichaient complètement de l’existence de leurs subordonnés. Pour ces sorciers, un bon subalterne devait se sacrifier sans sourciller. Gare à lui s’il estimait avoir droit à de la reconnaissance, ou une récompense en retour de son dévouement. Un orque haut-placé qui témoignait de la considération pour ses subordonnés ne faisait pas long feu. En fait il avait de la chance s’il restait plus d’un an au pouvoir. La société des orques était faite de telle manière que seul les plus impitoyables s’en tiraient.

Mignon le berserker s’en tirait mieux qu’Elilim, mais ses capacités exceptionnelles de guerrier ne suffisaient pas à empêcher le surnombre des orques d’être de plus en plus préoccupant. Le berserker combattait magnifiquement, il terrassait plus de cinquante ennemis à la minute avec son épée, mais petit à petit il subissait les assauts de la fatigue.

Heureusement la chance finit par sourire pour Elilim et Mignon, dans le sens que Gron chargea en brandissant bien haut sa cuillère multifonctions. Il voulut rester hors des combats dans un premier temps, mais voir ses compagnons en difficulté le motiva à oublier le fait de rester à couvert. Un sorcier orque amusé par son manège l’arrêta, et voulut s’approprier sa cuillère comme butin, mais un confrère mage réclama le joli objet brillant. Et de fil en aiguille une dispute mémorable finit par se déclencher et déboucher sur l’apparition d’un deuxième front.

Leur conflit atteignit un tel niveau de rancœur, que les sorciers s’entretuèrent. L’elfe une fois qu’il ne subit plus l’opposition des mages ennemis, put déchaîner un véritable déluge de feu, qui balaya l’ensemble des adversaires. La cuillère avait un pouvoir spécial, elle exacerbait le ressentiment et la haine chez les orques, mais elle fondit sous les effets du feu surnaturel d’Elilim.

Mignon commença à détacher le prisonnier des orques, peu après que l’ensemble des ennemis périt.

Mignon (rassurant) : Vous êtes sauvé monsieur, ne vous en faites pas nous ne sommes pas des bandits, nous ne voulons vous faire aucun mal.

Baoman : Je n’avais pas besoin de votre aide, j’aurais très bien pu m’en sortir tout seul.

Elilim (irrité) : Cette voix, je vous reconnais malgré votre absence de costume, vous êtes Baoman. Que faites-vous ici ?

Baoman : Je travaille pour Cérumane, j’ai mis la main sur le sac du Néant.

Elilim : En remerciement pour votre sauvetage, voudriez-vous nous remettre le sac ?

Baoman : Hors de question, et si tu essaies de me prendre cet objet, je te ferai souffrir.

Elilim : Nous sommes beaucoup plus forts que vous, bien que vous proclamiez être un super-héros.

Baoman : Erreur il s’avère que je suis beaucoup plus qu’un super-héros, en effet je suis un dieu.

Elilim : Qu’est-ce qui motive votre délire ?

Baoman : J’ai la plus grande collection d’objets ou d’êtres vivants qui se termine par le son ieu. J’ai un pieu, un essieu, des bottes de sept lieues, et plein d’autres choses. Tout ce qui me manquait pour que ma collection soit complète c’est un dieu, donc j’ai décidé de me proclamer dieu. C’est pourtant logique.

Elilim : Bon vous allez nous donner gentiment le sac, et continuer à délirer à plein régime, ou alors vous allez être tabassé.

Baoman (plein de fierté) : Si tu crois que tu peux intimider un dieu, tu te trompes. Prépares toi à être terrassé par ma magnifique puissance !

Elilim : Paralysus que mon ennemi soit immobilisé.

Baoman essayait de bouger mais il était complètement immobilisé par le sort de son ennemi. Ainsi Elilim put s’approprier facilement le sac du Néant qui prenait l’apparence d’un banal objet en toile grise.

Elilim : Merci pour le sac Baoman, au plaisir de ne jamais vous revoir.



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